Défis

L’Afrique est un continent confronté à des défis considérables, mais doté d’un gigantesque potentiel inexploité. De manière très concrète, la dégradation des terres, la désertification et la sécheresse mettent en péril les vies et érodent les moyens de subsistance, la paix et la stabilité. En réduisant la vulnérabilité et en construisant un tout nouveau futur, l’initiative 3S montrera qu’il est possible d’offrir aux jeunes une chance à la fois de prendre racine et de s’épanouir.

Une triple menace en Afrique

Soutenabilité, stabilité et sécurité – les trois problèmes qui se chevauchent se multiplient, notamment en Afrique, où la dégradation des sols est en train de déplacer des citoyens et des moyens de subsistance. Lire l’article (en anglais)

Relever les défis:

Emploi
Les secteurs basés sur les ressources naturelles tels que l’agriculture, le secteur minier, la foresterie et la pêche sont les plus importants pourvoyeurs d’emplois en Afrique. Ensemble, ces secteurs représentent 80% des emplois. Le tourisme, qui repose principalement sur la richesse naturelle et culturelle du continent, emploie 6,3 millions de personnes. [i] La dégradation des terres entraîne des risques considérables pour le développement socio-économique de l’Afrique. 65 % des terres cultivées du continent en sont affectées et de récentes estimations ont montré que la dégradation de l’environnement ainsi que l’augmentation de la pauvreté et du chômage font perdre à l’Afrique entre 4 et 12 % de son PIB. [ii] Le chômage est déjà élevé, en particulier chez les jeunes. En 2016, le taux de chômage s’élevait à 29,3 % en Afrique du Nord et à 10,9 % en Afrique subsaharienne, [iii] alors que le taux de chômage moyen des jeunes était de 13,1 % au niveau mondial. [iv] Cela signifie que le chômage des jeunes en Afrique du Nord, est l’un des plus élevés au monde. [i]PNUE (2011) : L’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté : quelles incidences pour l’Afrique ? p.3. [ii]BAD (2012) : Rapport sur le développement en Afrique 2012 – Vers une croissance verte en Afrique, p. 14. [iii] OIT (2016) : Perspectives pour l’emploi et le social dans le monde, tendances pour les jeunes 2016, p. 5. [iv] OIT (2016) : Perspectives pour l’emploi et le social dans le monde, tendances pour les jeunes 2016, p. 5.

 

Migration

Les données montrent clairement que le manque d’opportunités adéquates de travail est un facteur important de migration. Chaque année, les jeunes migrent des zones rurales partent vers les villes à la recherche d’emplois.

Sur les dix millions de personnes qui viennent s’ajouter chaque année à la population urbaine de l’Afrique subsaharienne, les deux-tiers vivent dans des zones informelles ou des bidonvilles, soit sept millions de personnes, dont deux millions seulement peuvent espérer en sortir un jour.[i]

C’est en Afrique subsaharienne que la volonté d’émigrer, qui atteint les 38%, est la plus élevée. En 2015, il y avait dans le monde près de 51 millions de migrants âgés de 15 à 29 ans, ce qui représente plus de 21 % des 243 millions de migrants à l’échelle mondiale.[ii] Ce nombre pourrait encore augmenter au cours de la prochaine décennie, car un plus grand nombre de jeunes des pays émergents et en développement franchissent les frontières pour essayer de trouver formations et emplois.

[i] Documents de travail Habitat III (2015) : 22 – établissements informels, p. 4.
[ii] OIT (2016) : Perspectives pour l’emploi et le social dans le monde, tendances pour les jeunes 2016, p. 12.,br>

Conflit & Instabilité

Près de 80 % des États fragiles d’Afrique ont connu des conflits armés au cours des 20 dernières années. Au cours des 60 dernières années, près de 60 % des conflits armés internes ont été liés aux ressources naturelles.

Ces dernières ont contribué à causer ou à financer au moins 14 conflits dans les États fragiles d’Afrique.[i]
Les revendications concurrentes sur les ressources limitées telles que la terre, les pâturages et l’eau, ont engendré des conflits localisés dans de nombreux États fragiles. De plus, un conflit dans un pays peut réduire le taux de croissance annuelle d’un pays voisin de 0,5 %.[ii] Les pays voisins peuvent être confrontés à un afflux de réfugiés, subir une perturbation du commerce, s’engager dans la course aux armements, servir de refuge aux rebelles et devenir eux-mêmes le théâtre de nouveaux conflits.

Les conflits liés à la terre et aux ressources naturelles deviennent généralement violents lorsqu’ils sont liés à des processus plus larges d’exclusion, de discrimination sociale, de marginalisation économique et aussi lorsque la possibilité d’une action pacifique n’est plus perçue comme une stratégie de changement efficace.[iii]

Situations post-conflit

Lire l’article 
‘Les pays les plus vulnérables au changement climatique le sont également aux conflits (ONU)’

La gestion saine et efficace des secteurs liés à l’exploitation des terres et des ressources naturelles constitue également un facteur essentiel pour le rétablissement des économies des pays post-conflit.[vi] Elle soutient le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) de bien des manières.[v]

La terre et les ressources naturelles sont pour les opérations humanitaires des atouts décisifs permettant de fournir de la nourriture, de l’eau, des matériaux de construction et des énergies renouvelables. Elles soutiennent également les stratégies d’adaptation et la simple survie en l’absence de moyens de subsistance durables. En outre, la gestion des terres et des ressources naturelles offre des points d’entrée distincts pour générer des revenus au sortir d’un conflit et créer des emplois durables lors du processus de réinsertion et de relèvement.

Les retards dans la mise en place d’une gestion efficace des ressources naturelles après la fin d’un conflit peuvent permettre aux anciens membres et chefs des groupes armés de continuer à tirer profit de l’exploitation des ressources naturelles, et même conduire à la formation d’organisations criminelles organisées.[vi]
Profitant de cette situation, les groupes extrémistes exploitent ce sentiment de désespoir : l’organisation Etat Islamique, al-Shabaab et Boko Haram mettent en évidence les opportunités potentielles dans leurs campagnes de recrutement.[vii]

[i]BAD (2016) : From Fragility to Resilience. Managing Natural Resources in Fragile Situations in Africa, rapport sommaire, p. 10-11 avec d’autres références.
[ii] BAD et al (2012) : Perspectives économiques en Afrique 2012, p. 101, Encadré 6.1 avec d’autres références.
[iii] Groupe interagences des Nations Unies pour les actions préventives ( 2012) : Land and Conflict. Toolkit and guidance for preventing and managing land and natural resources conflict, p. 8.
[iv] USAID (2005) : Land and conflict. A toolkit for intervention, p. 6.
[v] PNUE/PNUD (2013) : Le rôle des ressources naturelles dans le désarmement, la démobilisation et la réintégration -Répondre aux risques et saisir les opportunités, p. 36.
[vi] PNUE/ PNUD (2013) : Le rôle des ressources naturelles dans le désarmement, la démobilisation et la réintégration -Répondre aux risques et saisir les opportunités, p. 24.
[vii] Rapport du Conseil de sécurité – S/PV.7272